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Le Parler de la musique 1


978-913764-64

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Le Parler de la musique 1

La musique, le langage, la culture et l’Histoire

Jacques Bouveresse

Schopenhauer, Nietzsche, Stumpf, Wittgenstein et Adorno font partie des rares philosophes qui se soient réellement intéressés aux rapports entre musique et philosophie. Leur approche critique de la musique sert des postulations philosophiques ; et la philosophie leur est un outil d’analyse de la pratique musicale (écoute, interprétation et composition) cette dernière semblant parfois l’emporter en densité sur la philosophie même.

Quatrième de couverture

On a souvent opposé deux conceptions de la musique: la musique « absolue » et autonome, qui n’a besoin de rien d’autre que ses propres moyens pour exprimer ce qu’elle a dire, et la « musique à programme », qui tend à rendre la signification de la musique dépendante d’éléments extra-musicaux. Pour Hanslick, défenseur par excellence de la musique absolue, elle n’est pas un langage, et surtout pas un langage expressif. Wittgenstein a une approche similaire lorsqu’il affirme : « la musique nous transmet elle-même ». Et les relations privilégiées que lui-même et sa famille ont entretenues avec la musique de Brahms et avec le compositeur incitent à le considérer comme un adepte de la conception hanslickienne. Le cas de Nietzsche est plus compliqué : après la rupture avec Wagner, il aurait pu se rapprocher de Brahms. Mais il a exclu cette possibilité et n’a pas non plus totalement cessé de considérer la musique comme un langage qui dispose de possibilités d’expression supérieures à celles de la langue verbale.

Jacques Bouveresse, philosophe, a été titulaire au Collège de France, de 1995 à 2010, de la chaire de Philosophie du langage et de la connaissance. Ses travaux ont porté notamment sur Wittgenstein, le Cercle de Vienne, la philosophie analytique, mais aussi sur la littérature (Kraus, Musil, Valéry) et la musique. Il a publié Percevoir la musique (Helmholtz et la théorie physiologique de la musique) en 2016 aux Éditions L’improviste.

1. Le langage, la musique et la philosophie

2. La musique libérée de la métaphysique, mais peut-être pas vraiment de la philosophie

3. Le problème de la signification dans la musique

4. Modernité philosophique et modernité musicale

5. Ceux qui se réjouissent du progrès et « ceux qui se plaignent du déclin »>

6. Pourquoi l’harmonie est-elle ce qu’elle est ?

7. Le nécessaire, l’arbitraire et le naturel

8. La science, l’esthétique et la philosophie de la musique

9. De l’impression sensible à l’affect : la musique entre la contemplation et l’émotion

Bibliographie des titres cités

LA MUSIQUE LIBÉRÉE DE LA MÉTAPHYSIQUE, MAIS PEUT-ÊTRE PAS VRAIMENT DE LA PHILOSOPHIE

Schopenhauer, transposant la formule utilisée par Leibniz, pour qui la musique devait être comprise comme une sorte d’arithmétique que l’âme effectue sans s’en rendre compte, était allé jusqu’à proposer de considérer la musique comme une métaphysique qui, à la différence de la métaphysique verbale, n’est pas perçue comme telle par l’âme qui s’y adonne.

Rappelons maintenant cette définition qu’a donnée Leibniz de la musique et que nous avons rapportée plus haut. Elle est, au point de vue un peu inférieur choisi par Leibniz, absolument exacte ; mais si nous nous plaçons à notre point de vue, lequel est infiniment plus élevé, nous pourrons dire en la modifiant : Musica est exercitium metaphysices occultum nescientis se philosophari animi. [La métaphysique est un exercice de métaphysique inconscient, dans lequel l’esprit ne sait pas qu’il fait de la philosophie].

Nietzsche, à un moment donné, a rompu en principe complètement avec ce genre de conception et protesté avec la plus grande énergie contre la métamorphose désastreuse du musicien en un métaphysicien d’une certaine sorte ou pire encore, puisque cela pouvait aussi arriver, de prêtre ou de prophète d’une religion nouvelle. Mais ce changement d’attitude ne l’a pas empêché de se permettre assez souvent de juger la musique dont il voulait parler d’un point de vue qui était loin d’être exclusivement musical et qui la traitait bel et bien comme porteuse d’un contenu philosophique qu’il lui semblait indispensable de contester pour des raisons qui ne pouvaient guère être, elles aussi, que philosophiques.

C’est ce qui se passe, de façon particulièrement évidente, dans sa polémique contre Wagner :

[...]

On ne voit pas très bien, en effet, comment la musique de Wagner pourrait produire les effets néfastes que Nietzsche lui impute, pas seulement sur son état de santé physique et mental personnel, mais également sur la mentalité et la culture de l’époque, si la musique en général n’était pas capable justement, contrairement à ce qu’affirme le formalisme, de signifier et de transmettre autre chose et quelque chose de plus qu’elle-même. En d’autres termes, de deux choses l’une : ou bien adopter une posture et essayer de transmettre un contenu qui sont philosophiques, et plus précisément, métaphysiques, est une chose que la musique, considérée en tant que telle, ne peut pas faire et qu’on ne peut par conséquent pas non plus lui reprocher de faire. Ou bien il s’agit d’une chose qu’elle peut faire, mais ne doit en aucun cas essayer de faire, ce qui constitue une affirmation dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle est éminemment discutable et ne peut être justifiée que d’une façon qui a de fortes chances d’être beaucoup plus philosophique que véritablement musicale.

  • Date de parution : janvier 2018
  • Dimensions : 22,4 cm x 14 cm
  • ISBN-13 : 978-913764-64-4
  • Nombre de pages : 208
  • Poids : 315g
  • Reliure : Broché

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