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Raconter l’Histoire


978-2-913764-39-2

24,00 €
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Raconter l’Histoire

Textes réunis et présentés par Alexandre Prstojevic

Ouvrage collectif, Guillaume Asselin, Éric Clémens, Maria Delaperrière, Xavier Galmiche, Luba Jurgenson, Christiane Kègle, Pierre Ouellet, Alexandre Prstojevic, Malgorzata Smorag-Goldberg, Denyse Therrien, Marek Tomaszewski, Johanne Villeneuve, Marie Vrinat-Nikolov

Raconter l'Histoire aborde la question du récit de l'Histoire dans une volonté de diversification des approches et des arts. Il se penche notamment sur les enjeux de la mémoire dans la fiction européenne du 20e siècle. Analyses politiques, artistiques, mais également interrogations à propos de la conscience humaine et individuelle au sein de l'Histoire.

Quatrième de couverture

La seconde moitié du vingtième siècle a jeté le doute à la fois sur l’impartialité du discours historiographique, et sur le récit fictif. Réfléchir sur la narration et la représentation de l’Histoire dans l’Occident moderne et principalement en Europe centrale et orientale – après les chocs successifs des deux guerres mondiales, de l’extermination des Juifs d’Europe, de la Guerre froide et du Goulag – demande de se placer à l’intersection des champs de l’historiographie, de la philosophie, de la sociologie, de l’esthétique et des études littéraires.

Ce volume part à la recherche des voix, déclinées dans des milliers d’œuvres produites depuis plus de soixante ans, dans journaux intimes, mémoires, nouvelles, romans, films ou documentaires fictionnels et pose la question de l’instabilité formelle et énonciative des récits de guerre et de persécution.

 

Sont réunies ici les contributions de Guillaume Asselin, Éric Clémens, Maria Delaperrière, Xavier Galmiche, Luba Jurgenson, Christiane Kègle, Pierre Ouellet, Alexandre Prstojevic, Malgorzata Smorag-Goldberg, Denyse Therrien, Marek Tomaszewski, Johanne Villeneuve, Marie Vrinat-Nikolov..

Avant-propos

Pierre OUELLET – Paysages de l’histoire : une géologie du temps
Tango de Satan de Laszlo Krasznahorkai

Marek TOMASZEWSKI – Andrzej Bobkowski et les enjeux de son journal

Guillaume ASSELIN – Le masque et le miroir. Raconter la complexité selon Kazimierz Brandys

Maria DELAPERRIÈRE – Le témoignage en tant que problème littéraire

Alexandre PRSTOJEVIC – Fiction(s) de témoignage et vérité du récit : Zvi Kolitz, Yossel Rakover s’adresse à Dieu

Christiane KÈGLE – Histoire et construction mémorielle : Paul Ricœur et Primo Levi

Malgorzata SMORAG-GOLDBERG – Fiction, autofiction, métaphore... ou comment dire l’indicible : À. Tuszyńska, Une histoire familiale de la peur

Luba JURGENSON – Mises en scène romanesques de l’Histoire

Xavier GALMICHE – Les absents de l’Histoire : la « maison laissée par les Allemands », un motif de la prose tchèque (1946-1948)

Marie VRINAT-NIKOLOV – Mémoire individuelle et mémoire collective dans Un roman naturel de Guéorgui Gospodinov : roman postmoderne et mémoire du totalitarisme

Denyse THERRIEN – Jeux de cache dans Underground d’Emir Kusturica

Johanne VILLENEUVE – De la simulation documentaire autour de la deuxième guerre mondiale. Le cinéma à l’épreuve du témoignage

Éric CLÉMENS – L’après ne justifie pas la fin

Avant-propos

La seconde moitié du XXe siècle a décrété la mort des « grands récits », jeté le doute sur l’impartialité du discours historiographique, banni du roman la psychologie et « constaté » la mort de l’auteur avant d’annoncer purement et simplement la fin de la littérature. Réaction aux horreurs du « siècle des camps » ou poursuite du rêve révolutionnaire dans le domaine de l’art, le discours de la fin marque profondément la culture occidentale. Reposant sur l’éternelle suspicion du récit, il n’est qu’une image inversée, désabusée de l’idéal d’une adéquation entre les mots et les choses.

Ainsi, penser le récit de l’Histoire dans le domaine de l’art, ce n’est pas seulement révéler les mécanismes de perception et de transformation narrative du vécu. C’est aussi toucher à la conscience de soi d’une culture. Réfléchir sur la représentation de l’Histoire au XXe siècle demande de se placer à l’intersection des champs d’exploration de l’historiographie, de la philosophie, de la sociologie, de l’esthétique et des études littéraires. C’est ce à quoi tend cet ouvrage qui réunit les contributions des spécialistes de littérature et du cinéma, venus des universités françaises, québécoises et belges. La diversité des approches donne à ce volume la forme d’un dialogue interdisciplinaire sur la narration et la représentation de l’Histoire dans un Occident précipité – après les chocs successifs que furent les deux guerres mondiales, l’extermination des Juifs d’Europe, la Guerre froide et le Goulag – dans une période de changements fulgurants dont la logique profonde semble se soustraire à l’emprise de la pensée rationnelle et de la synthèse artistique.

Il ne faut pas s’étonner alors si, dans Raconter l’Histoire, le champ d’investigation couvre principalement l’Europe centrale et orientale. Espace géographique, culturel et politique aussi vaste qu’inconnu du monde francophone en dépit de la déjà proverbiale évocation de l’amitié franco-polonaise, tchèque ou serbe servant à travestir la réalité des échanges politiques et culturels encore insuffisants. Cet espace a vu naître les deux conflits mondiaux, s’accomplir l’annihilation presque entière d’un peuple, puis s’instaurer – avec des variations fort limitées – une myriade de régimes totalitaires. C’est tout autant un espace marqué par les conflits, les assassinats de masse et l’exil dont les artistes, mais aussi de simples témoins, ont essayé de fixer l’évolution, souvent sous des formes incertaines, à la lisière des genres, résistant à la classification préconisée par la poétique canonique. Journaux intimes, mémoires, nouvelles, romans, « fiction-document », films « baroques » ou documentaires fictionnels... : l’homme européen a fait feu de tout bois pour articuler l’« innommable » qui continue pourtant de lui échapper. C’est cette recherche de la voix, déclinée dans des milliers d’œuvres produites depuis plus de soixante ans, dans et autour de l’Europe et de son Histoire, que ces quelques « coups de sonde » ont pour l’objectif d’éclairer.

Du Journal d’Andrzej Bobkowski et Carnets de Varsovie de Kazimierz Brandys à Une histoire familiale de la peur d’Agata Tuszyńska et Yossel Rakover s’adresse à Dieu de Zvi Kolitz, le présent ouvrage pose la question de la fréquente instabilité formelle et énonciative des récits de guerre et de persécution. Que ce soit la mise en scène romanesque de l’Histoire chez Iouri Dombrowski, la géologie du temps chez Laszlo Krasznahorkai, la mise en récit d’une mémoire du totalitarisme chez Guéorgui Gospodinov ou le cinéma d’Emir Kusturica et la question de la simulation documentaire dans le septième art, la forme comme objet d’étude impose ici une recherche à la fois ontologique et esthétique. La forme sous laquelle les artistes ont capté le bruissement du temps dont ils furent souvent les victimes nous dit quelque chose non seulement sur leur désir de léguer à la postérité la (ou leur) vérité des faits historiques, mais nous informe aussi sur l’effort humain continu à penser l’Être.

 

Alexandre PRSTOJEVIC

  • Date de parution : mai 2009
  • Dimensions : 22,4 cm x 14 cm
  • ISBN-13 : 978-2-913764-39-2
  • Nombre de pages : 230
  • Poids : 340g
  • Reliure : Broché

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